Le cycle de la croissance de retour au Brésil ces deux prochaines années

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Alors que 2020 vient à peine de débuter, les économistes interrogés par Valor sont confiants pour le scénario économique brésilien des deux années à venir. Ils voient en effet le Brésil entrer dans un nouveau cycle de reprise avec une politique monétaire expansionniste comme principal moteur de la croissance.

Une croissance qui devrait atteindre, selon la prévision de 35 experts et institutions financières, 2,3 % cette année et 2,8 % l’année prochaine, soutenue par le regain de la demande des ménages, la poursuite de l’agenda des réformes ainsi qu’un contexte international moins hostile pour le pays.

Néanmoins, le quotidien économique note qu’une certaine prudence des économistes est de mise alors qu’en 2018, c’est une croissance de 3 % qui était attendue pour 2019. En cette année d’élections municipales brésiliennes mais également de présidentielle américaine, l’euphorie est quelque peu atténuée.

Consommation en hausse, chômage stable

Pour autant, la nouvelle année devrait bien débuter grâce au retrait du FGTS autorisé par le gouvernement jusqu’au mois de mars. De quoi offrir à l’économie brésilienne un bon premier trimestre. Pour Barclays, la consommation des ménages, qui représente plus de 70 % du PIB brésilien, devrait enregistrer une hausse de 3 % cette année.

Un coup de boost pour la consommation qui ne sera cependant pas du fait du retour à l’activité des Brésiliens car le taux de chômage devrait rester important en 2020, de l’ordre de 11,2 %, selon les prévisions des experts. Mais les postes proposés seront meilleurs, estime la banque BRP : « Aujourd’hui, les emplois générés sont encore de mauvaise qualité et avec une faible rémunération, mais, quantitativement, le marché du travail est meilleur. »

Intensification des investissements

Pour leur part, les investissements, qui ont déjà commencé à réagir l’an dernier, devraient s’intensifier en 2020 grâce à la chute des taux d’intérêt. La Formation brute de capital fixe devrait ainsi augmenter de 4,8 %, selon les prévisions des économistes. Prudence cependant car la Banque centrale brésilienne devrait remonter ses taux en fin d’année afin de ne pas compromettre les objectifs du taux d’inflation, estimé à 3,7 % par les experts.

Une inflation qui n’est pas un indicateur qui les préoccupe pour cette année. Au contraire de la fragilité des comptes publics, qui devrait persister. Les économistes voient la dette publique brute atteindre 78,5 % du PIB cette année et 79 % l’an prochain. Mais « aujourd’hui, personne ne s’attend à ce qu’elle atteigne les 80 % », indique la BRP.

Des réformes essentielles à la croissance

Pour empêcher une hausse de la dette et maintenir les dépenses du gouvernement dans les clous, les économistes soulignent qu’il est essentiel qu’une partie des réformes qu’il propose soit approuvée par le Parlement en 2020. Mais là aussi, les expectatives sont mesurées. Il n’est pas attendu par exemple que la réforme fiscale, essentielle pour relancer la productivité et la croissance sur le long terme, ne soit très étendue. « La réduction de la bureaucratie et de la distorsion du système fiscal doit débuter, mais nous ne savons pas à quel rythme cela va être mené », précise Barclays.

Pour l’Institut brésilien de l’économie de la Fondation Getulio Vargas, le principal risque interne pour 2020 est que l’urgence à conclure ces réformes ne diminue : « La tendance à reporter l’adoption de solutions pour les problèmes structurels du Brésil existe et peut augmenter avec la reprise cyclique de l’économie. » Sans oublier le contexte international avec les tensions sino-américaines et la présidentielle aux Etats-Unis.

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