L’enfant Roi

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L’enfant Roi

Dans « Racine du Brésil »  (« Raizes do Brasil »), de 1936, Sérgio Buarque de Holanda nous présente le brésilien comme étant « l’homme cordial ».

L’auteur définit la cordialité en question comme étant « l’affabilité, l’hospitalité, la générosité [….] expression légitime d’un fond émotif extrêmement riche et débordant ». Il explique cette cordialité du brésilien comme « une manière de vivre dans les autres » car pour «l’homme cordial », « la vie en société est, d’une certaine façon, une véritable libération de la crainte qu’il éprouve à vivre avec lui-même, à s’appuyer sur lui-même dans toutes les circonstances de l’existence ».

Dans « Le Brésil au XXIeme siècle », Alain Rouquié interprète Sergio Buarque de Holanda pour qui « le Brésilien serait « l’homme cordial », non pas parce qu’il est plus sympathique et avenant que d’autres, mais du fait que sa conduite est guidée par les émotions et le sentiment, par le coeur plus que la raison ».

Cette affectivité débordante du brésilien se manifeste sans limite sur les enfants qui sont objet de tous les soins possibles, de toute la douceur qu’il est possible de donner.

Il faut d’abord protéger l’enfant contre un environnement dangereux pour son intégrité physique : installation de filets aux fenêtres ; tenir la main pour descendre les escaliers (même s’il a 7 ans) ; rester à un mètre de distance sans détourner les yeux de lui quand il joue dans un jardin public. Eviter toute égratignure, hématome ou bosse sur le front est un impératif. Le seul cas où il est possible de dire « non » à un enfant c’est quand il s’agit de lui faire éviter un danger.

En effet, on ne dit pas « non » à un enfant. La contrariété est à éviter. Au contraire, on cherche à l’enthousiasmer constamment. Les anniversaires, par exemples, sont des moments préparés longtemps à l’avance, pour lesquels les parents dépensent souvent des fortunes. De nombreuses entreprises offrent des services d’organisation de fêtes pour enfant où les parents n’invitent pas que les amis du petit, mais leurs propres amis. Une fête pour enfant est un événement intergénérationnel.

On félicite beaucoup les enfants pour des détails, sans raison apparente, plutôt qu’on ne les stimule. Cela est d’ailleurs peut être la grande différence avec la culture nord américaine qui met l’enfant à l’épreuve et ne le récompense que s’il réussit. Au Brésil on peut mettre en place des épreuves, mais au bout du compte tout le monde est félicité et récompensé.

Un chef d’entreprise français au Brésil me disait un jour que s’il n’est pas possible au Brésil de dire à un de ses employés que le travail réalisé est mauvais et qu’il faut le refaire, c’était peut être que pendant toute son enfance et adolescence on lui avait toujours dit le contraire.

Bertrand de Solere
Avocat aux Barreaux de Rio de Janeiro et São Paulo
Conseiller du Commerce Extérieur de la France-CCEF

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