L’extrême pauvreté progresse en Amérique latine, notamment à cause du Brésil

favelas

Depuis 2015 rien ne va plus. Après une forte réduction de la pauvreté en Amérique latine et dans les Caraïbes au cours de la première partie de la décennie, la dynamique s’est interrompue, et depuis de cinq ans l’extrême pauvreté progresse à nouveau dans la région, rapporte El Pais Brasil.

La région terminera l’année 2019 avec une augmentation de sept dixièmes de la part de la population concernée par l’indice global de pauvreté – de 30,1% de la population à 30,8%, selon les données publiées jeudi 28 novembre par les Nations Unies dans le sous-continent. Si on s’en réfère à l’indice d’extrême pauvreté, la progression est encore plus forte : elle concerne 11,5% de la population, contre 10,7% l’an passé.

27 millions de pauvres supplémentaires depuis 2014

Selon El Pais, ces statistiques, qui apparaissent au milieu d’une vague de manifestations dans plusieurs pays d’Amérique latine pour exiger des mesures sociales et une lutte contre les inégalités, se traduisent par des chiffres encore plus choquants en valeur absolue : six millions de personnes supplémentaires vont être touchées cette année par l’extrême pauvreté, pour un total de 72 millions de personnes concernées en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Par rapport à 2014, 27 millions de personnes ont rejoint les rangs des habitants pauvres de la région, dont 26 millions sont en situation d’extrême pauvreté.

Reste que, selon El Pais, la situation varie considérablement d’un pays à l’autre. Une part importante de l’augmentation de l’extrême pauvreté au cours des cinq dernières années est attribuée à deux pays : le Brésil, où les inégalités se sont encore creusées et où un Brésilien sur deux doit vivre avec 413 reais par mois, et le Venezuela, une nation plongée dans une profonde crise politique et économique qui – selon les chiffres du régime de Nicolas Maduro – a perdu au moins la moitié de son PIB.

Dans le reste de l’Amérique du Sud, la tendance est à une très légère diminution du pourcentage de la population dont le revenu est insuffisant pour couvrir les besoins essentiels, “bien que la réduction se soit produite à un rythme plus lent qu’entre 2008 et 2014”.

 

Partager ce post:

Envoyer à un ami