L’hôtellerie brésilienne part en guerre contre Airbnb et consorts

hôtellerie

Si le tourisme se porte toujours bien au Brésil, le secteur de l’hôtellerie est, comme dans de nombreux autres pays, touché depuis quelques années par la forte concurrence des sites Internet et applications de location de résidences pour une courte durée. Estimant cette concurrence inégale, l’industrie hôtelière locale a demandé au gouvernement d’intervenir en sa faveur pour imposer des limites à Airbnb et consorts.

« L’hôtellerie souffre énormément »

« L’hôtellerie souffre énormément en raison de ces applications. Depuis l’an dernier, 159 hôtels ont déjà fermé leurs portes. Ce sont des emplois et des impôts perdus », a déclaré à l’Estadao Manoel Linhares, président de l’Association brésilienne de l’industrie hôtelière (ABIH). « Nous ne sommes pas contre la technologie, mais nous réclamons des conditions de concurrence égales sur le marché. »

Des représentants de l’ABIH ont ainsi été reçus le mois dernier au ministère de l’Économie et leurs revendications, regroupées dans un document formel, seront examinées par le gouvernement. Parmi celles-ci, une modification de la loi fédérale afin de permettre aux municipalités de créer leur propre règlementation de location de logement via des plates-formes numériques. A l’image de ce qui a été réalisé pour les applications de transports comme Uber, cela obligerait les sites de type Airbnb à s’acquitter de la Taxe sur les services (ISS), que paye le secteur hôtelier.

Airbnb en plein boom au Brésil

Actuellement, Airbnb propose environ 220 000 annonces de résidences au Brésil. L’an dernier, ses logements ont été utilisés par 3,8 millions de personnes, en hausse de 71 % en un an. Le total des transactions – entre les loyers obtenus par les propriétaires et les dépenses des touristes – a atteint 7,7 milliards de reais, soit un bond de 92 %, selon les estimations de la société américaine.

Néanmoins, l’hôtellerie brésilienne devra faire preuve de patience. Le ministère de l’Economie lui a déjà répondu que toute modification des lois sur le logement impliquera le Parlement. Soit « un vaste débat sur le long terme ». Airbnb peut encore dormir sur ses deux oreilles.

Partager ce post:

Envoyer à un ami