La dépréciation du real face au dollar, une si bonne nouvelle que cela pour les exportations ?

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Cette semaine, la dépréciation du real face au dollar a atteint des seuils historiques, la monnaie brésilienne franchissant les 4,25 reais pour un dollar. Si le gouvernement brésilien a avancé que l’une des conséquences positives de cette situation pourrait être une hausse des exportations, les entreprises ne sont pas du même avis et estiment déjà vendre moins vers l’étranger. L’instabilité du change pourrait en effet représenter un obstacle plutôt qu’un tremplin, a affirmé à UOL José Augusto de Castro, président de l’Association du commerce extérieur du Brésil (AEB).

Selon ce dernier, les variations du dollar rendent difficile la conclusion de contrats par les entreprises brésiliennes car il est plus difficile de trouver un prix d’équilibre qui satisfasse autant l’importateur que l’exportateur. « Les importateurs voient ce qu’il se passe ici, pensent que l’exportateur est avantagé et demandent déjà une réduction, parce qu’ils croient que l’exportateur a plus de marge pour négocier », a-t-il ainsi expliqué.

Il a déploré que ce taux de change, qui n’était pas programmé, soit le résultat « de spéculations et de facteurs internes ». Selon lui, il s’agit d’une réponse des acteurs du marché aux paroles du ministre de l’Economie, Paulo Guedes, qui avait déclaré que le dollar pourrait encore s’apprécier. Mais le président de l’AEB ne voit pas pour autant la monnaie américaine monter beaucoup plus haut et parie sur un retour prochain à 4,10 reais pour un dollar.

Le dollar haut n’aide pas les produits manufacturés

Dans les détails, José Augusto de Castro a indiqué que les exportateurs de produits manufacturés avaient été les plus pénalisés ou, en tout cas, les moins avantagés. En revanche, « dans le secteur des matières premières, le dollar haut est favorable (…) cela parce que leur prix est défini sur le marché international, en dollar ». « Comme ce secteur au Brésil est compétitif par rapport aux autres producteurs mondiaux, il aura toujours des prix compétitifs », a-t-il ajouté.

Le scénario à venir n’enchante pas le président de l’AEB alors que le Brésil enregistre déjà une chute de 6,8 % des exportations brésiliennes depuis le début de l’année, à 185,5 milliards de dollars. « Les données du commerce extérieur ont empiré et vont empirer. Cela est dû à la baisse des exportations de minerai, de pétrole, à la fin de la culture de soja en raison de la fièvre porcine en Chine qui importe moins de céréales pour nourrir les porcs. Cela devrait prévaloir pour 2020 », a-t-il estimé qui ne voit donc une reprise qu’en 2021. Un rebond aidé par « les réformes qui amélioreront la compétitivité de l’exportateur brésilien, réduisant les coûts », ainsi que par les concessions annoncées dans le secteur des infrastructures.

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