Travail : les Brésiliens ont tendance à accepter les actions contraires à l’éthique

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La corruption au Brésil n’est pas qu’un cliché. Près de la moitié (46 %) des professionnels brésiliens soumis à un questionnaire sur leur éthique au travail ont démontré avoir des tendances à succomber aux détournements de fonds de leur entreprise ou à la non-dénonciation de collègues dans cette situation, selon l’Institut de recherche sur le risque comportemental (IPRC).

Dans le même sens, 48 % des employés testés manipuleraient ou accepteraient que des collègues manipulent les comptes de leur entreprise afin de gagner plus d’argent. Autres chiffres problématiques quant à l’éthique : 66 % des interrogés démontrent avoir tendance à réaliser des paiements erronés en faveur de fournisseurs et seulement 29 % ont conscience que des paiements erronés à des tiers sont des motifs de fraude.

Une réglementation éthique indispensable

« Beaucoup de personnes ne commettent pas de fraudes directement, mais si elles perçoivent qu’un collègue en commet, elles ne vont pas s’en mêler. Cela a beaucoup à voir avec notre culture, l’idée du jeitinho brésilien, accepter des actions contraires à l’éthique tant qu’elles n’affectent pas la vie des autres », a expliqué à Valor Renato Santos, directeur académique de l’IPRC.

Devant de tels résultats, le responsable encourage les entreprises brésiliennes à se doter d’une réglementation éthique présentée à tous les nouveaux employés. « Parfois ils peuvent venir d’une entreprise où cette culture est acceptée, donc c’est important de leur montrer ce que l’entreprise ne tolère pas en termes de politique éthique », indique-t-il.

Pouvoir dénoncer sans représailles

Mais il faut aussi, selon Renato Santos, aborder constamment la thématique de l’éthique au sein des entreprises et mettre en place un canal de dénonciation sûr et confidentiel. « Il est fondamental de permettre à l’employé de pouvoir réaliser une dénonciation de forme anonyme et sans le moindre type de représailles », souligne-t-il.

Le test d’éthique de l’IPRC a été mené auprès de 2 435 professionnels issus de 24 entreprises. Ils ont été soumis à un vaste questionnaire qui simule des dilemmes éthiques et les expose à différentes situations de corruption, appropriation erronée et fraudes.

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