Les inégalités se sont encore aggravées au Brésil en 2018

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Le Brésil a encore du chemin pour réduire ses inégalités. En 2018, le groupe des 1 % les plus riches du pays, composé de 900 000 personnes, avait un revenu mensuel moyen de 27 744 reais, soit 33,8 fois plus que la moitié la plus pauvre de la population, constituée de 45 millions de personnes, avec un salaire moyen de 820 reais, selon les chiffres dévoilés ce mercredi par l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE). Un écart historique.

Lorsque tous les revenus sont comptés (salaire, pension, rente, allocations, etc.), le groupe des 10 % les plus riches détient 43,1 % du total. Les 10 % les plus pauvres, eux, n’en possèdent que 0,8 %.

Surtout les données de l’IBGE démontrent que non seulement la reprise économique du Brésil est lente, mais en plus, elle ne redistribue pas ses bénéfices de manière égale. L’indice de Gini du pays, qui mesure les inégalités, est ainsi passé de 0,538 à 0,545 – il va de 0 à 1, le pire étant d’avoir une valeur élevée. Pour une troisième année consécutive de hausse, après avoir augmenté les trois années précédentes.

Deux raisons pour expliquer la hausse des inégalités

Deux raisons expliquent ce phénomène. D’abord, en raison de la crise connue par le Brésil depuis 2016, le revenu par habitant des plus pauvres (représentés par les 10 % ayant les revenus les plus bas) a poursuivi sa chute, reculant de 1,8 % en 2018, à 107 reais. Tandis que celui des habitants les plus riches (représentés par les 10 % ayant les revenus les plus hauts) a bondi de 8,2 %, à 16 297 reais. « Durant la crise, nous avons vu les gens perdre leur travail et, afin de s’occuper, accepter des emplois au revenu plus bas », a expliqué à Valor une chercheure de l’IBGE.

En termes géographiques, toutes les régions du Brésil ne sont pas logées à la même enseigne. Les inégalités se sont ainsi creusées en 2018 dans le Nord, le Sud-Est et le Sud. Les Nordeste et le Centre-Ouest, eux, ont connu une amélioration de leur indice de Gini. Néanmoins, dans ces deux dernières régions, la baisse des inégalités s’est surtout expliquée par le revenu en baisse de 16 % des plus riches. Si l’on regarde les Etats, 18 des 27 Etats brésiliens ont connu une augmentation de leur indice de Gini, l’Amazonas étant celui où les inégalités se sont le plus réduites.

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